Lancement d’une initiative de Transition à Beauvais

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Mardi 5 novembre 2013, le documentaire Cultures en transition a été projeté à l’ASCA dans le cadre du festival Alimen-terre. Cette projection a été suivie d’un débat entre une soixantaine de personnes.

Au cours de ce débat, bon nombre de personnes ont eu l’occasion de présenter la structure ou l’association dont ils sont membres, et d’en décrire les actions : promotion des circuits courts, échanges de savoirs, jardinage collectif, recyclage et réemploi des objets usagés, développement du vélo en ville, etc. Il se fait déjà beaucoup de choses à Beauvais !

Plusieurs participants à ce débat ont dit à quel point le contenu du film leur donnait à réfléchir et leur faisait envie, car il montre des gens prenant en main, collectivement et dans la bonne humeur, l’avenir de leur territoire, pour le rendre plus respectueux de l’environnement, plus solidaire, et finalement beaucoup plus désirable que le monde dans lequel nous vivons actuellement.

Sous-jacente à plusieurs interventions, on pouvait entendre cette petite musique : « Pourquoi pas la même chose à Beauvais ? »

A l’issue de la soirée, plusieurs des personnes présentes ont prolongé la discussion et ont décidé de s’engager et de lancer une « initiative de Transition » à Beauvais et dans le Beauvaisis.

Une initiative de Transition, pour quoi faire ?

Le mouvement des « initiatives de Transition » est né en 2006 dans une petite ville anglaise, Totnes, à l’instigation d’un professeur de permaculture, Rob Hopkins. Ce mouvement a essaimé si bien qu’il existe aujourd’hui plus d’un millier d’initiatives de Transition dans 43 pays à travers le monde. Toutes ces initiatives sont singulières et différentes les unes autres, car adaptées à leur territoire, à leur histoire, à leur géographie, à leurs habitants, à leur culture, etc. Mais toutes partagent un même constat, une même philosophie, et des objectifs similaires.

Le mouvement de la Transition part d’un constat très simple : le modèle de développement occidental est condamné car il va très bientôt se heurter à des réalités implacables, à commencer par le pic pétrolier et le changement climatique.

Le pic pétrolier n’est pas la « fin du pétrole » : c’est le moment où la production de pétrole plafonne avant de commencer à baisser inexorablement, car les réserves de pétrole exploitables s’amenuisent. Pour le dire autrement, c’est la fin de l’ère du pétrole abondant et bon marché. Ce pic du pétrole est imminent. Or notre mode de vie est presque totalement dépendant du pétrole bon marché : notre niveau de vie, les métiers que nous exerçons (et la façon dont nous les exerçons), notre nourriture, nos déplacements, etc.

Quant au changement climatique, il est aujourd’hui très bien documenté et l’origine humaine n’en fait plus de doute. Nous déréglons le climat en rejetant dans l’atmosphère des quantités gigantesques de gaz à effet de serre, par nos déplacements, nos pratiques de consommation, notre alimentation, notre agriculture intensive, etc. Or, les conséquences du changement climatique seront si massives que tout doit être fait pour le limiter au maximum (atténuation), et pour s’y préparer (adaptation).

Malheureusement, nos sociétés et nos territoires ne sont absolument pas préparés aux chocs qui s’annoncent, et dont les plus fragiles vivent déjà les effets (pauvreté, malbouffe, précarité énergétique…)

Le mouvement de la Transition se fixe donc pour objectif d’aider les territoires à se préparer pour être capables d’encaisser le choc du pic pétrolier, du changement climatique, de la crise de la biodiversité… Il vise à rendre les territoires plus résilients face à la crise écologique.

Pour cela, le mouvement de la Transition propose de mettre en œuvre localement des actions (et de développer celles qui existent déjà) pour :

sensibiliser l’ensemble des habitants d’un territoire pour qu’ils prennent mieux conscience de la crise écologique et de ses conséquences prévisibles ;

– aider ces habitants à se préparer avec des solutions concrètes, pragmatiques, efficaces.

Bien évidemment, c’est aux citoyens sur chaque territoire de décider ce qui leur convient le mieux, ce qu’ils sauront le mieux faire, ce pour quoi ils sont déjà le mieux préparés. C’est aux citoyens de décider, chemin faisant, de ce que sera leur initiative de Transition. Il n’y a pas de modèle unique et à recopier tel quel à Totnes, à Lille, à Biarritz, à Digne-les-Bains… ou à Beauvais.

Mais la philosophie et les objectifs généraux du mouvement de la Transition est toujours la même :

réduire la consommation d’énergie d’origine fossile et les émissions de CO2 ;

relocaliser tout ce qui peut l’être, intensifier les liens entre les habitants et les différents acteurs économiques locaux ;

aider les habitants à acquérir les savoirs et les compétences qui deviendront indispensables dans un monde sans pétrole (il faudra se nourrir autrement, se déplacer autrement, se soigner autrement, etc.)

Une initiative de Transition, comment ça marche ?

Une initiative de Transition ne consiste évidemment pas à partir d’une table rase, comme si rien ne se faisait sur le territoire, comme s’il n’y avait pas déjà des militants mobilisés, des actions efficaces, et parfois même des politiques publiques volontaristes et pertinentes.

Concrètement, une initiative de Transition n’est pas une association qui viendrait marcher sur les plates-bandes de celles qui existent déjà (AMAP, ressourcerie, association d’usagers du vélo, association de protection de l’environnement…). Il ne s’agit pas de faire à votre place ce que vous faites déjà très bien ! Une initiative de Transition reconnaît et valorise les réalisations déjà existantes au niveau du territoire, que celles-ci émanent des associations, des collectivités locales, des entreprises, etc. Ces réalisations, il s’agit simplement de les amplifier, de leur donner davantage de visibilité, d’élargir leur public, de favoriser les synergies partout où il peut y en avoir … et ainsi d’accroître leur efficacité.

Le but est d’aller au-delà du cercle des « déjà convaincus » (écolos, alternatifs, solidaires ou autres), et de toucher un maximum d’habitants et d’élus, mêmes ceux qui sont aujourd’hui peu mobilisés sur l’écologie et les alternatives. Il s’agit de faire en sorte que sur chaque territoire, il y ait beaucoup plus d’habitants qui jardinent, qui réparent ou qui donnent leurs vieux objets, qui circulent à vélo, qui échangent des savoirs, qui mangent bio, qui font du lombri-compostage, etc.

Au fond, une initiative de Transition est une « maison commune » à toutes les actions qui ont déjà lieu sur un territoire et à toutes celles qui se lancent. Elle encourage et soutient toutes les actions et les projets qui correspondent à ses objectifs généraux, sans s’y immiscer. Elle a simplement (mais c’est beaucoup) un rôle de coordination, de mise en réseau, de valorisation. Elle insère les actions en cours et en projet dans un horizon plus large, elle leur donne un but commun (rendre le territoire résilient). Elle est comme un « label » pour tous les acteurs locaux qui se reconnaissent dans ses objectifs et qui souhaitent s’en revendiquer.

Une présentation courte et claire dans cette vidéo

Une initiative de Transition à Beauvais : où en sommes-nous ?

Un petit groupe s’est rassemblé depuis la projection du film Cultures en transition le 5 novembre pour lancer une initiative de Transition à Beauvais. Au cours de nos premiers échanges, nous avons essayé :

– de recenser toutes les actions qui font que Beauvais a d’ores et déjà entamé sa transition.

– d’identifier les structures et les personnes sur lesquelles l’initiative pourra s’appuyer, qui pourront s’y impliquer, la relayer et la faire vivre sur le terrain.

– de nous mettre d’accord sur quelques principes et quelques objectifs, qui pourront bien sûr être rediscutés par la suite.

Nous souhaitons maintenant ouvrir plus largement la réflexion, pour créer des liens et des réseaux sur lesquels reposera cette initiative de Transition à Beauvais.

C’est pourquoi nous convions les associations et les habitants à une grande soirée durant laquelle nous allons, tous ensemble, poser les fondations de cette initiative de Transition… sachant que nous serons ensuite non pas seulement des centaines, mais des milliers de bâtisseurs.


Le Réseau de Beauvais en Transition est de 18 partenaires à ce jour

 

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